A LA RECHERCHE D’INGMAR BERGMAN de Margarethe Von Trota (DVD Epicentre Films)

26 janvier 2019

Ce documentaire de 2018, sorti en début d’année, a été réalisé à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Ingmar Bergman, né en juillet 1918 à Uppsala en Suède et décédé en 2007 à Fårö en Suède. Considéré comme l’un des réalisateurs parmi les plus importants du vingtième siècle, c’est la cinéaste allemande Margarethe Von Trotta qui réalise ce film portant sur l’héritage de Bergman.

C’est ce commentaire de la réalisatrice, qui semble le mieux définir l’œuvre : « Le côté sombre d’Ingmar Bergman se voit dans ses films » ! Cette phrase à elle seule définit plus ou moins l’angle d’approche souhaité par Von Trota, qui tout du long du métrage soulignera les qualités et les faiblesses du réalisateur et de l’homme. Sans doute assez technique par instant, l’intérêt vient bien de l’approche voulue, des entretiens avec les nombreux intervenants (dont ses enfants) et des nombreux extraits qui émaillent le film et qui tracent un portrait humain et souvent sans concession de Bergman.

Si on lui reconnait toujours cet impact sur le cinéma, sur l’Avant-Garde, sur la vie et la conception du monde (très pessimiste à ses débuts) ; pour beaucoup Bergman reste une énigme, un personnage replié sur lui même, n’ayant accordé que peu de temps et d’amour à ses enfants. Probablement touche t-on ici à l’essence même de ce que l’on peut appeler l’artiste maudit.
Parcouru par ces confidences, porté très souvent par d’enthousiastes commentaires d’acteurs ou réalisateurs qui lui reconnaissent cette importance notable, ce documentaire peut paraître assez obscur à toute personne peu ou pas concernée par son œuvre, ou n’ayant pas entendu parler de lui. Car, et c’est un des problèmes de notre époque, on reste dans un contexte ciblé, où les documentaires développés le sont malheureusement souvent à l’intention d’un public averti et trop restreint.

Ceci dit le film est très prenant, nous invitant à découvrir les coulisses de sa pensée créatrice et à d’autres, un individu sensible (trop sans doute), perdu dans un univers, où comme le décrit l’une des protagonistes, il demeure comme un petit garçon qui ne veut pas grandir.

La conclusion reviendra à Bergman lui même, en reprenant cette citation qui apparaît avant le générique final…
« Je me suis toujours senti seul au monde, j’ai donc cherché refuge dans la communauté du cinéma… un sentiment plus qu'illusoire »

Sylvain Ménard, janvier 2019.