C’est donc le 6 novembre que sort ‘La voix du diable’, scénarisé par Yann et CeÌline Graf, et illustré par Yuri Alessandro Di Curzio. Revenir sur le déroulement du tournage d’un des films les plus ‘troublants’ de l’histoire (et nous ne reviendrons pas sur les péripéties autour de sa musique), est une gageure, tant paraît complexe la tache, après d’innombrables suites, des documentaires, sans oublier des séries.
Oui, mais on parle dans cet ouvrage de « l’original »… celui d’où tout est parti ! On croit tout savoir, or maintes choses nous ont probablement échappées, et puis soyons honnêtes, ce format en roman graphique, permet beaucoup de choses, et notamment d’approfondir différemment les évènements qui ont impacté le bon déroulement de la réalisation du film de William Friedkin.
Ce qu’on ignore, c’est que l’auteur William Peter Blatty qui venait de perdre sa mère à l’époque, à tenté de la contacter, notamment avec une planche de Ouija. À la fin de la rédaction de son livre, c’est grâce a un désistement de dernière minute qu’il se retrouve contacté par la rédaction d’un des plus grands shows, suivi à l’époque à la télévision, ce qui le fera connaître et assurera à son roman, une notoriété immédiate. Bonne fortune me direz-vous ? Ou simplement le hasard. Quoi qu’il en soit, la machine est lancée et le roman tombe entre les mains de la Warner qui veut l’adapter en film.
Et ce sera aussi la confirmation du talent du réalisateur William Friedkin, après plusieurs flops au box-office, et nul doute que la réunion de ces deux personnalités ne pouvait que donner quelque chose d’extraordinaire !
Attardons-nous sur le casting ; car c’est amusant de voir des noms d’acteur qui ont fait à peu près tout, sauf ce genre de film justement, et qui ont été des premiers choix parfois, ou qui sont allé jusqu’à être embauché mais ont fini par être refusés à la dernière minute…
Ce qui est assez étonnant ; j’avoue pour ma part, ne pas le savoir ; c’est l’approche souhaitée par Friedkin qui s’apparente presque au documentaire. Le réalisme avant tout !
Et en parlant de réalisme, le roman graphique nous invite à découvrir à quel point le destin aurait pu être tragique alors qu’un incendie détruisit totalement le plateau de tournage ; et la succession d’incidents, suivi par des accidents, et jusqu’à des décès dans la famille des acteurs. Et puis on se penchera également sur les conditions du tournage en extérieur à Mossoul - le fameux début du film - où la politique intérieure fait de l’ingérence, et sans oublier combien les craintes superstitieuses dans certaines régions pouvaient occasionner de risques alors qu’on filme des scènes qui montrent le malin !
Mais à côté de ses péripéties troublantes, il y a des moments où l’absurdité de certains gags nous touchent plus particulièrement. Comme lorsque la marionnette à l’effigie de Linda blair, utilisée lors de la scène de la rotation de la tête dans le lit, est promenée dans une voiture ; promenade durant laquelle elle offrira à plusieurs passants une peur mémorable !
On ne finirait pas sans évoquer l’interprète féminine choisie pour incarner la voix du démon ; et des sacrifices qu’elle dû faire pour réussir à obtenir le timbre de voix adéquat.
Un roman graphique qu’on lit d’une traite, passionnant et faisant preuve d’érudition… un magnifique biopic sur le tournage d’un film, qui ne vieillira probablement jamais.
Un petit détail qui ne vous aura pas échappé dans le titre de l’article. Nous parlons de « jets verdâtres », qui bien évidemment font allusion à la scène du vomissement - qui aura probablement traumatisé les spectateurs, en tout cas à sa vision en vidéo, ce fut le cas pour beaucoup, dont moi - mais savez-vous qu’il existe une jolie petite action figure qui reproduit la séquence… ‘classieux’, non ?
Résumé : Sorti en 1973, L’Exorciste de William Friedkin a durablement marqueÌ l’histoire du cineÌma d’horreur. Entre pheÌnomeÌne de socieÌteÌ, tournage eÌprouvant et eÌveÌnements troublants, le film est rapidement devenu une œuvre mythique. La Voix du diable revient sur l’histoire du film et plonge dans les coulisses d’un tournage hors normes.
Sylvain Ménard, novembre 2026
LA VOIX DU DIABLE
Sous-titre : ‘Comment un film a terrorisé le monde’
SceÌnario : Yann et CeÌline Graf
Dessin : Yuri Alessandro Di Curzio
Éditeur : Huginn & Munnin
Collection : BioPik
Dimensions : 201 x 267 mm
Pagination : 192 pages offset 120 g
Format cartonneÌ dos rond
EAN13 : 9782386400650
Prix : 24,95 €