Et en effet cette bande-dessinée offre au lecteur un point de vue différent de ce que l’on a coutume de voir. L’imaginaire lié aux histoires de piraterie et de flibuste est souvent synonyme de batailles et d’honneur, on a en mémoire les récents films de la franchise ‘Pirates des Caraïbes’, des films qui n’auront fait qu’effleurer de loin les vrais sujets.
Sous ce vernis historique et foisonnant, maelström de péripéties et d’aventures plus ou moins épiques ; cette belle bande-dessinée nous invite à une réflexion quant à nos responsabilités en tant que cultures colonialistes. Et si ’Shango, pirate noir des Caraïbes’ nous emporte dans ce tourbillon digne des meilleurs films d’action ; il n’oublie pas de s’affirmer en posant des jalons, tout en nous questionnant sur ce que représente le devoir de mémoire.
Ainsi, en traitant des débuts de la traite des noirs, la colonisation et l’occupation de vastes territoires qui seront mis à disposition des européens, les auteurs décident-ils de mettre en lumière les enjeux qui encore aujourd’hui restent d’actualité. Cette histoire est celle des pirates noirs, et le lecteur aura à l’esprit la présence d’hommes d’équipage noirs, partageant la vie risquée des forbans, et qui pour certains deviennent des combattants de la liberté, contre l’esclavagisme notamment.
Si des noms comme Black Caesar (un membre de l’équipage du célèbre Blackbeard), Abraham Samuel, ou John Julian peuvent vous parler, les informations réelles et vérifiables sont une autre chose. Entre un James White, cité dans Pirates des Caraïbes, et le même James White de l’équipage du Blackbeard, capturé et pendu ; il y a tout un monde.
‘Shango, pirate noir des Caraïbes’ s’invite dans ce pan de nos mémoires collectives, dans ces histoires bien trop souvent édulcorées, où l’homme blanc est flibustier, parfois noble et très souvent chevaleresque. Et l’autre vérité est que la part de pirates noirs ira jusqu’à représenter plus d’un quart des équipages ; et qu’au delà de ce profil de marginaux ou d’aventuriers, voire de mercenaires, cela permit à nombre d’hommes noirs et de métis d’aller chercher une forme de liberté et de s’affranchir de leurs chaînes… métaphoriquement parlant ; même si la traite des noirs commence au XVème siècle avec les portugais.
À la question de savoir qui était le plus grand des pirates, il semble bien que ce soit la chinoise Ching Shih. Elle l’était devenue par le plus grand des hasards ; et avait repris, à la mort de son époux, la direction de la flotte et des soldats qui constituaient son ‘armée’, qu’on estime à des milliers d’hommes et de femmes (oui, puisque les femmes en Chine pouvaient naviguer).
Le pitch : En 1639, dans l’actuel BeÌnin, Shango, fils d’un chef du royaume d’Oyo, est captureÌ et arracheÌ aÌ son village. Avec d’autres prisonniers, il est entraiÌneÌ vers la coÌte pour eÌtre vendu comme esclave aux Hollandais et embarque aÌ destination des CaraiÌbes. Ainsi deÌbute l’eÌpopeÌe heÌroiÌque de Shango.
Sylvain Ménard, février 2026
SHANGO
Scénario : Arnaud Delalande et Marc de Banville
Illustrations : Guy Michel
Label : eÌdition ROBINSON
Date de parution : le 18 feÌvrier 2026
Format : 235 x 313 mm
Pagination : 56 pages couleurs
Prix : 15,50€
EAN : 9782016291221
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