La guerre et l’exil, le deuil et la catharsis… « Chrysalis » de Jordan Robert Schulz, est un bel exercice sur la mémoire et la reconstruction !

‘Chrysalis’ est un film sensible et magnifiquement filmé, à découvrir sur les écrans cette année. 
Présenté au Marché du Film, au Festival de Cannes 2026, ce premier long métrage de Jordan Robert Schulz, nous plonge dans le Saïgon des années soixante-dix, nous offrant ce qui s’apparente à un bel exercice sur la mémoire et l’amour filial. 
L’artiste américano-vietnamien Daniel K. Winn, est au centre de ce biopic, qui donne au spectateur la possibilité de mieux comprendre la vie à cette époque - dans un Vietnam en guerre - et de saisir comment il a pu réussir à évoluer et faire de son Art une force, son combat !

Film très poétique, visuellement très abouti et empreint d’une énergie ‘vitale’ qui transparaît dans le traitement des personnages - de la grand-mère et de son petit fils -, CHRYSALIS est une ode au bonheur et à la relation que ces deux êtres entretiennent. Pour illustrer ce Vietnam des années soixante-dix, le réalisateur Jordan Robert Schulz, opte pour des tonalités chaudes et rassurantes, des plans soigneusement cadrés, aux travellings délicats ; et s’attarde sur les personnages, les gens que l’on croise, ces vietnamiens d’alors, qui vivaient leur vie dans ce pays en guerre. C’est sans doute ici qu’on soulignera l’excellence du travail du directeur de la photographie, Alexander Bonelli !
Ouvrant comme une parenthèse sur un monde en guerre, le réalisateur adapte la biographie de Daniel K. Winn. Le récit est celui de son enfance, d’abord en son pays dans un Vietnam déchiré puis plus tard en tant que Boat-people, avec cette arrivée aux États-Unis, où il devra s’affranchir de ses traumas, se construire, et au travers de l’Art devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.
Cette relation magnifique entre une grand-mère et son petit fils est un beau message d’optimisme et de joie de vivre. La beauté de cette relation semble culminer lorsqu’on découvre à l’écran, la sculpture ailée la représentant, tandis que la caméra caresse les courbes de ce corps et de ce visage vieillissant.
Et doucement, presque comme si nous étions soulagés d’un poids, nous ressentons une grande sensation de bien-être.
Pour l’instant, nous ignorons tout de la diffusion et d’une date de sortie, mais soyez sûrs que nous vous tiendrons informés

Un petit mot sur la musique du film… Le score d’Elia Cmiral met en exergue avec subtilité et douceur cette relation solaire, cet amour qui unit ces deux parents. Comme à l’accoutumée le compositeur polonais sait nous emporter dans ces mouvements superbement esquissés, ces arpèges parfois flamboyants, à d’autres moments sombres et nostalgiques. 

Synopsis : Dans le Vietnam ravagé par la guerre dans les années 1970, un jeune garçon cherche sa place dans un monde chaotique, guidé par la sagesse de sa grand-mère et hanté par les souvenirs de sa famille.


Sylvain Ménard, juin 2026

Chrysalis (les cicatrices de Saïgon)
Réalisation : Jordan Robert Schulz
Scénario : Andrew Creme, basé sur le mémoire de Sir Daniel K. Winn « The Scarcity of Love »
Histoire : Sir Daniel K. Winn, Randall J. Slavin, J. Robert Schulz
Interprètes : Kieu Chinh, Nguyen Vu Uy Nhan, Daniel K. Winn
Photographie : Alexander Bonelli
Effets visuels : Jose L. Marin
Musique : Elia Cmiral
Producteurs : Tien Pham, David Hopwood
Production exécutive : Randall J. Slavin, Sir Daniel K. Winn
Coproduction : David Hopwood
Sociétés de production : WS Productions, Legend Artist Entertainment, SuperCine Entertainment
Pays de production : Vietnam, États-Unis
Durée : 2h03