‘Le Chasseur de Baleines’ signé Philipp Yuryev, un film sobre et réfléchi, une réflexion sur la fin de l’enfance, nos aspirations et nos besoins

En traitant - d’une façon relativement universelle - d'une quête personnelle, d’émancipation et de rêves ; le réalisateur russe Philipp Yuryev, invite le spectateur dans sa propre illustration de cette dimension si intime, cette quête initiatique.
Cette recherche que nous devons tous mener et qui nous offrira la possibilité de grandir et de nous affranchir, par moment prend une forme onirique, nous montrant de grand espaces, un infini de plaines et une mer souvent déchainée… et dans ce qui prend des airs de road-movie, nous assistons à la fin de l’enfance et au passage de l’adolescence à l’âge adulte.

C’est un métrage finalement très référencé que nous propose le jeune réalisateur Philipp Yuryev. Certes nous sommes sur un terrain ‘classique’ de forme, illustrant l’isolement et une vie austère, celle d’un jeune homme qui se sent perdu dans son village isolé en bord de mer dans le détroit de Béring. Ainsi ‘Le Chasseur de Baleines’, c’est l’histoire de Leshka,  qui se confronte à des ‘visions d’ailleurs’ - par le biais de l’accès à internet - par cette ‘attirance’ et ce besoin qu’il ressent de découvrir ce voisin tout proche, les États-Unis. Et  c’est surtout un film sur la transition qui s’opère à la fin de l’adolescence, entre l’épanouissement propre à chacun, les désirs, l’envie de changer et de découvrir ; et cette mise à disposition d’une multitude de choses (et pour certaines contestables) - il est difficile d’user d’autres mots - sans filtres et sans repères qu'offre internet et nos échanges modernes (trop).
Ainsi l’émancipation telle que racontée par Philipp Yuryev, passe par l’acceptation de ce que l’on est, par nos décisions et notre volonté de nous affranchir de ce que nous étions… de grandir !

Le Chasseur de Baleines’ prend sous nos yeux la forme d’une belle quête initiatique, celle de Leshka, un jeune homme simplement confronté à ses envies, lesquelles lui apparaissent fréquemment comme des besoins, alors qu’elles ne sont que des pulsions. Cette dimension est évoqué alors avec tendresse par le réalisateur, qui laisse son personnage vivre ses expériences et apprendre d’elles, se confronter à la réalité et se trouver. 
Ce parcours n’est pas sans embûches, mais comme dans toute quête et mise à l’épreuve, Leshka trouvera sa voie et se trouvera, lui.
C’est d’ailleurs ici que la quête de notre personnage prend cette tournure si caractéristique, lors de son cheminement (dans tous les sens du terme), parcourant des paysages austères et magnifiques, se questionnant et se perdant avant de se retrouver, le tout cadré dans un 4:3 qui nous enferme et nous impose de le suivre quelle que soit sa destination.

Assez envoûtant, ce voyage poétique et immersif, que désormais nous pouvons nommer quête, délivrera son message entre comédie et drame, et avant tout avec une profonde humanité.  


Synopsis : Leshka est un adolescent qui vit dans un village isolé sur le détroit de Béring, situé entre la Russie et l’Amérique. Comme la plupart des hommes de son village, il vit de la chasse de la baleine et meÌ€ne une vie treÌ€s calme aÌ€ l’extrémité du monde. Avec l’arrivée récente d’internet, Leshka découvre un site érotique ouÌ€ officie une cam girl qui fait naiÌ‚tre en lui un désir d’ailleurs...


Sylvain Ménard, janvier 2026

CASTING
Leshka : Vladimir Onokhov
Le garde-frontieÌ€re : Arieh Worthalter 
La fille d’Amérique : Kristina Asmus 
Kolyan : Vladimir Lyubimtsev
Le grand-père : Nikolay Tatato
La blonde : Maria Chuprinskaya

ÉQUIPE TECHNIQUE
Scénario et réalisation : Philipp Yuryev
Images : Mikhail Kursevich, Yakov Mironchev
Montage : Karolina Maciejewska, Alexander Krylov, Philipp Yuryev 
Son : David Vrancken
Musique : Krzysztof A. Janczac
Costumes : Boris Kukolkin
Maquillage Lana Kaun
Direction Artistique et Production : Aleksey Uchitel
Co-Production : Kira Saksaganskaya, Marion Hänsel, Jacek Kulczy- cki, Magdalena Zimecka, Radoslawa Bardes