On penserait y trouver comme une référence au giallo, mais plus que cette évidence, c’est vers le cinéma expérimental, celui d’un Bunuel par exemple, que nous paraissons nous tourner. Entre esthétisme et renvois au mouvement psychédélique comme sur la scène d’ouverture, les images sont autant de dénonciations dans ces plans quasiment figés, que de critiques sur un pays où la pauvreté ne cesse de croître, ou l’individu n’est souvent plus considéré comme un être humain à part entière.
Bénéficiant d’une bande-son atmosphérique et dense, le film offre une vision déliquescente d’un pays qui se cherche, entre déshérence fulgurante et chronique sociale cruelle et sinistre.
Symbolique et profond, Memory House est une traversée qui nous interpellera, entre allégorie et réalisme cru, ancré dans les années soixante-dix et pourtant si actuel !
Synopsis : Cristovam, originaire de l’arrieÌre-pays breÌsilien, travaille dans une usine aÌ lait d’une reÌgion prospeÌre du BreÌsil, ancienne colonie autrichienne. Il s’y sent seul, marqueÌ par les diffeÌrences culturelles et ethniques. Un jour, il deÌcouvre une maison abandonneÌe remplie d’objets lui rappelant ses origines. Il prend progressivement possession de la maison. Curieusement, des objets y apparaissent, sans explication, comme s’il s’agissait d’un lieu « vivant ».
Crédit
ReÌalisateur : JoaÌo Paulo Miranda Maria
SceÌnario : JoaÌo Paulo Miranda Maria
Directeur de la photographie : BenjamiÌn Echazarreta
DeÌcors : Isabelle Bittencourt
Montage : Benjamin Mirguet
Son : LeÌo Bortolin
Musique : Nicolas Becker
Produit par : Denise Gomes, Paula Cosenza & Didar Domehri
Production : Be Bossa Entertainment (BreÌsil) et Maneki Films (France)
Coproduction Canal Brasil et Cinema Caipiraavec
Antonio Pitanga (Cristovam)
Ana Flavia Cavalcanti (Jennifer)
Aline Marta Maia (Jandira)
Soren Hellerup (Shutzen)
Sam Louwyck
Sylvain Ménard, Août 2022