‘Olivia’, le film d'animation avec marionnettes réalisé par Irene Iborra Rizo est un film sensible et résilient, un film qui nous plonge dans l’enfance mais également dans un monde d’adulte sombre et angoissant…

Sur ce beau film d’animation avec des marionnettes, la réalisatrice espagnole Irene Iborra Rizo nous invite à découvrir la jeune Olivia, dont la vie se trouve chamboulée du jour au lendemain. Comme fréquemment avec le cinéma espagnol, le sujet est social, mais par le biais de ce prisme que représente le cinéma d’animation, la réalisatrice offre - au jeune et moins jeune spectateur - une vision plus épurée et débarrassée des caricatures ou des figures de style dans lesquelles on se complait, afin d’en tirer l’essentiel et de nous amener à voir les choses différemment.
Sans verser dans la facilité de l’étude psychologique, le métrage offre un bel équilibre entre une certaine noirceur - on parle de déclassement social tout de même - de paupérisation -  et le réalisme qui va avec ; et ces péripéties que vivent les enfants et qui les voient s’entraider.


Aussi c’est au niveau des choix scénaristiques qu'Irene Iborra Rizo, s’affranchit d’une ‘norme’, et de ‘standards’. Ainsi y a-t -il comme une sorte de magie qui surgit par instants dans le film, des moments de beauté ou de tensions qui prennent la forme de cauchemars, et soulignent l’extrême faiblesse psychologique des personnages. Mais comme nous voyons le monde - ce monde-ci - au travers de leurs yeux, nous adoptons un autre point de vue. Et c’est alors que cette histoire d’une famille qui se retrouve à la rue, étant obligé de trouver un appartement par le biais d’une association, touchera tous les publics… et s’avèrera universelle !
On y parle de difficultés d’intégration et du destin qui frappe les gens ou de l’indifférence qui régit ce monde ; mais on y parle aussi d’entraide, d’empathie et de générosité ; et de la possibilité de prendre un nouveau départ. Et au travers de ces regards d’enfants, la réalisatrice nous parle d’espoir.

Le fait d’exprimer des sentiments complexes et de mettre en scène les drames qui nous frappent - cette vie qui soudain devient ‘invivable’  - ajoute à la complexité du propos, et dans le contexte d’un film d’animation, représente une prise de risque évidente.
Mais la technique utilisée, le soin apporté aux personnages et à leur caractères, font qu’ils gagnent en crédibilité ; et que, quand bien même ils ne sont pas réalistes, cela permet au spectateur de se sentir concerné et touché par l’histoire et ses protagonistes.
Même si l’on sent qu’il y a un rapprochement à faire avec l’histoire récente et les crises que nous vivons ; le sujet, de grave, devient plus léger, faisant ressortir grâce à ces enfants pugnaces et mobilisés, le meilleur de l’être humain. Une belle leçon d’humilité pour nous autres adultes, et d’espoir en l’avenir, en ce que - EUX - pourront en faire !

La grande complexité du travail avec les marionnettes, c’est qu’il faut réussir à leur donner de la texture et une âme ; et sur ce film il est plus qu’évident que l’équipe technique, les concepteurs, les peintres, les marionnettistes… les animateurs ; ont réussi au-delà de toute attente. L’amour mis au service d’une belle histoire, c’est également ce qui nous aura marqué ici.
OLIVIA est un joli film pour tous les âges, un message et une réflexion nécessaire sur le devenir, la résilience des enfants et de la force qu’ils portent en eux.


SYNOPSIS :
AÌ€ 12 ans, Olivia voit son quotidien bouleversé du jour au lendemain. Elle va devoir s’habituer aÌ€ une nouvelle vie plus modeste et veiller seule sur son petit freÌ€re Tim. Mais, heureusement, leur rencontre avec des voisins chaleureux et haut en couleurs va transformer leur monde en un vrai  lm d’aventure ! Ensemble, ils vont faire de chaque dé  un jeu et de chaque journée un moment inoubliable.


L’article sur la musique du film ici…


Sylvain Ménard, janvier 2026

Équipe artistique : 
Réalisation : Irene Iborra Rizo
Scénario : Irene Iborra Rizo, Júlia Prats, Maite Carranza,
Adapté du roman La vie est un film (La pellícula de la vida) de Maite Carranza publié en français par Alice Éditions
Création graphique : Morgan Navarro
Produit par Mikel Mas Bilbao, Ramón Alós, Irene Iborra Rizo, Eduard Puertas, Jean-François Le Corre, Mathieu Courtois, Hugo Deghilage, Vincent Tavier, Bernardita Ojeda, Nicolas Burlet
Directrice de production : Susana Martín
Première assistante réalisatrice : Dorien Schetz
Story-boarders : Maca Gil, Juan De Dios Pozuelo, Dani Albadalejo, Javi Salvador, Pepe Sánchez
Chef animateur : César Diaz
Directrice de la photographie : Isabel de la Torre
Cheffe monteuse : Julie Brenta
Chef décorateur : Juanfran Jacinto
Chef de la fabrication des marionnettes : Eduard Puertas
Che es costumières : Alicia Velasco, Kristina Vorobyeva
Chef compositing : Sylvain Lorent
Directrice des voix françaises : Marie-Line Landerwyn
Montage des voix françaises : Charles de Ville
Monteur son : Charles de Ville
Musique originale : Laetitia Pansanel-Garric, Charles de Ville
Une coproduction : Citoplasmas Stopmotion (Espagne), Kinetic Armatures (Espagne), Cornelius Films (Espagne), Bigaro Films (Espagne), Vivement Lundi ! (France), Panique ! (Belgique), Pájaro (Chili), Nadasdy Film (Suisse)

Voix :
Eliza Cornet (Olivia), Gaspard Rouyer (Tim), Maia Baran (Ingrid), Tim Belasri (Lamine), Nadès Bibo Transia (Vanessa)


Crédit photos : © CITOPLASMAS / KINETIC ARMATURES / CORNELIUS FILMS / BÍGARO FILMS / VIVEMENT LUNDI ! / PANIQUE! / PÁJARO / NADASDY FILM_1