Scénaristiquement sachant s’affranchir de la série originale (ce qui n’est pas forcément aisé) et de maintes séries du genre, interprétée avec conviction et dotée d’une réelle direction artistique (celle là même qui fait défaut à The Witcher par exemple) et où les décors magnifiques sont renforcés par des effets spéciaux irréprochables ; Lost in Space a de plus les qualités d’une grande série dont on n’omettra pas de mentionner la beauté et l’efficacité d’une musique signée Christopher Lennertz !
A bien des égards - et c’est là un exercice aisé à faire - on ne peut que constater au fur et à mesure du défilement des plans - et à la vision du montage - la richesse des décors (on parle de ce qui se voit à l’écran, des costumes en passant par les signalétiques et jusqu’aux moindres boulons) et qui relèvent d’une réelle direction artistique, on pourrait d’ailleurs se croire sur un métrage de science-fiction à gros budget.
Mais en sus, le montage est efficace et par « efficace » on doit comprendre que l’interaction entre chaque plan (qu’ils soient à effets spéciaux ou non) se doit d’accompagner le récit sans choquer ni ralentir - faisant ainsi partie de la trame et du développement de l’histoire. Ici il sera facile de le constater, la fluidité du récit et l’expression des acteurs n’étant pas entravée par les effets gratuits ni les ralentissements, permet ainsi d’avoir une série rapide et aux multiples rebondissements sans qu’à aucun moment la densité des personnages n’en souffre.
Parlant des personnages on pourra noter une vraie direction d’acteurs, une richesse certaine en terme de psychologie et surtout ce qu’il faut d’évolution pour qu’ils ne restent pas statiques ! Pas manichéen, même le docteur Smith la méchante de l’histoire (impeccablement interprétée par Parker Posey) évolue au sein d’un abime de sentiments contradictoires - le show joue avec efficacité sur ces multiples facettes que sont le dévouement des uns par rapport aux autres, une bonne dose d’action et surtout - c’est quand même là l’intérêt - des décors et paysages époustouflants, magnifiés donc par ces excellents trucages ! Ce n’est pas un show parfait, mais c’est ce qui s’en rapproche le plus, tant un grand soin est apporté à tous les petits détails et à ce qui donne vie à des personnages intéressants et à des péripéties crédibles. En fait il y a bien quelques petits défauts, quelques petites lenteurs, mais comme la plupart du temps l’actions se joue sur deux ou trois niveaux, cela passe quasiment inaperçu.
Et c’est au terme du visionnage des deux saisons de la série et de tous ces éléments imbriqués les uns dans les autres, que nous faisons ce constat d’une réussite ; celle d’une série dont les acteurs nous tiennent en haleine, où la technique s’est effacée et où enfin les péripéties nous offrent des montées d’adrénalines (si si…) fort agréables !
Pour vous plonger un peu plus en avant dans la série voici un lien intéressant sur les effets spéciaux…
https://www.mackevision.com/references/lost-in-space/
Sylvain Ménard, janvier 2020