‘Stars & Starlettes du cinéma noir et blanc’, le livre de Daniel Lesueur est disponible à la commande… un ouvrage pointu et très documenté

Retour sur un ouvrage paru l’année dernière, le ‘Stars & Starlettes du cinéma noir & blanc’ de Daniel Lesueur, un livre qui nous dévoile les « grandes dames » du cinéma, telles qu’elles apparurent des débuts avec le ‘muet’, jusqu’au ‘parlant’ et qui s’éteignirent doucement lorsque le 7ème Art tout en grandissant changea et prit de la couleur.
Un ouvrage qui montre une fois encore que Daniel Lesueur est non seulement passionné par cette période, mais qu’il connaît bien son sujet et sait le partager avec ses lecteurs.

Daniel Lesueur dont nous avons évoqué le récent ouvrage ‘Leslie HOWARD ou le romantisme flamboyant’ (sorti en mars 2026), avait publié courant 2025, un intéressant opus sur les stars et les starlettes. Toujours très inspiré par ce cinéma fondateur (quel autre mot employer), Daniel Lesueur s’était attaqué aux ‘icônes féminines’ du 7ème Art, à ces femmes souvent adulées mais également parfois très mal servies par leurs rôles, simples faire-valoir ou femmes attirantes, étonnamment belles et à l’occasion perfides. 
Ces rôles qu’elles ont endossé les ont amenées à devenir ces femmes emblématiques, égéries de plusieurs générations, mais que le cinéma abandonnera peu à peu. Entre un passage au ‘parlant’ qui n’aura pas épargné un grand nombre d’entres elles ; et l’attribution de rôles les cantonnant parfois à de la simple figuration (la standardiste, l’ouvreuse, la vendeuse…) de nombreuses autres auront encore été éliminées. 
Ainsi ces starlettes et stars de toute provenance auront connu gloire et déclin, et Daniel Lesueur, en hôte prévenant, nous aura préparé un joli catalogue de leur vie, de leur faste et parfois de leur chute ! 

Une réflexion en amenant une autre, ces actrices représentaient une façon de concevoir les ‘femmes’ au travers de leur interaction avec l’écran, par le biais de leur carrière, et de ce qu’elles renvoyaient tout simplement ; l’audace, la beauté, et également une forme d’exotisme qu’on ne peut nier. 
Aussi avec l’avènement du cinéma ‘moderne’ et surtout de la couleur, à l’aune d’une nouvelle époque avec ses propres impératifs, la perception de ce qu’était la femme et son rôle, le tout conjugué avec un besoin de coller aux goûts du public ; nous mena à une évolution de « l’image » même de ces starlettes… ; bien souvent devenue « starlettes » par la grâce de la presse, leur création en finé !
Autre temps, autre mœurs… La couleur changea probablement la donne, le monde moderne en fit autant avec notre perception, le consumérisme s’invita par la suite… l’arrivée des plateformes avec des actrices (pour autant qu’on puisse pour certaines leur attribuer ce terme) interchangeables et malléables, sans réelle envergure, n’a rien arrangé… voyez où nous en sommes !

Et finalement ; que se passe t-il après… ?

Daniel Lesueur nous a parfaitement décrit leur statut, leur condition et ce qu’étaient leur vies à une époque qui leur a offert une place prépondérante dans l’univers du cinéma. Mais quand la couleur est arrivée - et par la suite - le statut de star s’est modifié. Il y a aujourd’hui des ‘stars’ au sens large (mais strict) du terme, mais qu’en est-il des icônes ? De ces actrices d’il y a longtemps déjà, de celles qui faisaient rêver les spectateurs, qu’on attendaient dans des productions avec impatience, de celles qui nous paraissaient intouchables, loin du commun des mortels.
S’il faut reconnaître que nombre d’acteurs ou d’actrices continuent à faire la une, ravissent les fans et les journalistes ; on est loin de cette sorte de frénésie qu’on connaissait lors de ces cinquante premières années du vingtième siècle. La source semblant s’être tarie depuis la fin des années quatre vingt dix et l’arrivée d’un nouveau millénaire ou le mot ‘star’ ne signifiait plus la même chose, où les plateformes grignotaient des parts de marché au 7ème Art, où le business avait tout avalé avec des géants, comme Disney, Amazon ou Netflix. 

Au cours des dernières décades nous avons connu des styles différents, des modes et des interprétations où il nous a semblé voir comme le retour de ces icônes. Et curieusement, il nous aura semblé le constater sur des productions liées à des schémas spécifiques, les films de genre ! Et nous ne disons pas ça uniquement parce que nous affectionnons ce genre particulièrement (un peu… mais pas seulement !).
Suite à cette réflexion, demandons-nous si (par exemple) John Carpenter pourrait être considéré comme étant l’un des (presque) derniers réalisateurs à avoir offert ce type de rôles, forts et puissants, et développé ce type de personnage ou de caractère, qui incitent à l’empathie, qui nous attirent ?
Et de ce fait, contribuant à créer des icônes … Avec Adrienne Barbeau (qui fut son épouse) et beaucoup d’autres ? 
Voire le personnage qu’interprétait Caroline Munro dans le Star Crash de Luigi Cozzi ? Ou également avec un réalisateur comme Tarantino, dans certains de ses films ? peut être… ! 
Et même un personnage comme celui de Ripley dans Alien, interprété par Sigourney Weaver, n’a t-il pas aidé à créer cette ‘image’ de la femme endurante, combattant et victorieuse ?
Les dernières ‘Starlettes’ du cinéma en somme… à moins que ce ne soient les nouvelles ‘stars’ !
Et si on osait, pourrait-on également faire un rapprochement ; quand on parle d’icônes, à savoir de cette image précise, ce que ces actrices ‘représentaient’ à nos yeux ; avec les « scream-queens », telle la fameuse Linnea Quigley ? 
Des stars de l’horreur (d’où le nom), devenues des icônes parce que c’étaient elles qu’on retrouvaient de films en films, une sorte de référence sensée incarner un personnage ; mais avec le temps qui s’affichait sous la forme d’un clin d’œil, d’un ‘placement’ incontournable, celui de l’héroïne ou de la victime, de la chair à canon (surtout lorsqu’elles finissaient seins nus) ou de la « bécasse » qui ne passerait pas la première bobine !? Là nous étions un peu dans le travers misogyne du cinéma.
Une certaine image de la femme, une certaine image de l’actrice, et du rôle !

Finalement est-ce que ces ‘starlettes du cinéma noir et blanc’, ces ‘stars’ au delà de l’image scandaleuse ou provocante, qui a pu leur être associée, n’ont pas survécu dans l’imaginaire collectif au travers de ces personnages pourchassés par des tueurs, des monstres ou des extraterrestres belliqueux ; concourant ainsi à satisfaire les spectateurs, avides de ‘belles’ en détresse, de nymphes ou de naïades en butte à des horreurs venues d’on ne sait où ?

Le pitch : Elles ont fait rêver nos parents et nos grands-parents et continuent de faire rêver certains d’entre nous, peu nombreux il est vrai car, pour la plupart, elles sont tombées dans l’oubli, faute de souvenir à se mettre sous la dent (enfin, sous les yeux !) : 80 à 90% des films muets sont considérés comme perdus : « égarés » ou définitivement disparus, détruits, soit volontairement par la main de l’homme, soit par usure du temps ou par accident. Quand aux « parlants », un très grand nombre de N & B sont introuvables en VHS ou DVD. Notre ouvrage fait revivre ces grandes dames, aussi flamboyantes qu’elles le furent en leur temps…

Sylvain Ménard, avril 2026

‘Stars & Starlettes du cinéma noir et blanc'
Auteur : Daniel Lesueur
Éditeur indépendant
Date de publication : 18 mai 2025
Langue : Français
Nombre de pages de l'édition imprimée : ‎251 pages
ISBN-13 : 979-8284366974
Poids de l'article : 445 g
Dimensions : 15.24 x 1.93 x 22.86 cm 


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https://www.cinemaradio.net/news/leslie-howard-ou-le-romantisme-flamboyant-sous-titre-lart-est-le-moyen-de-transport-le-plus-sur-est-le-livre-signe-daniel-lesueur-que-nous-vous-conseillons-ce-mois-ci-1046

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