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Le réalisateur JEAN-MICHEL LOUTOBY nous invite à découvrir son long-métrage, ‘LES FRACTURES INVISIBLES’ ; un beau plaidoyer pour l’écoute et la reconstruction de soi… Sortie le 25 mars !
17 mars 2026 - 08:00
‘Les fractures invisibles’ est un film indépendant qui devrait nous inspirer en ce qu’il véhicule comme message, l’espoir et la résilience, mais en parallèle de ces éléments, où il saura amener dans l’histoire cet ancrage dans une réalité tangible, brossant un portrait de la Martinique d’aujourd’hui qui se veut réaliste. En s’appuyant sur des enjeux sociétaux, humains et philosophiques qui sont sans contexte à la base de toute considération, le réalisateur JEAN-MICHEL LOUTOBY touche à l’intime, sans excès et avec empathie, et appelle le spectateur à écouter et comprendre comment on peut sombrer, tenter de se reconstruire, au delà des sacrifices, des erreurs et des défis.
Porter un regard sur les conflits de génération est rarement chose aisée. Ici comme ailleurs, les conflits liées à l’éducation ou aux études sont souvent sources d’incompréhension et de rancœur. Dans l’histoire que nous conte JEAN- MICHEL LOUTOBY, il y a un peu de ça, ainsi qu’une réflexion sur le monde qui nous entoure, ses excès et ses travers. Et puis également, comme parfois cela arrive, s’ajoutent à ces problématiques des questions de harcèlement dans l’univers scolaire et au dehors, qui malheureusement soulignent certaines fois l’incapacité qu’ont les parents à appréhender à quel point les choses sont dramatiques, et qu’ils ne peuvent (et ne doivent) pas passer cela sous silence.
Mais ce qui nous happe de suite, c’est la présence d’un véritable discours lié à la prise de conscience de la violence. Ainsi, le réalisateur va-t-il jusqu’à évoquer dans son histoire, l’ensauvagement - ce qu’on nomme également la barbarie - ; cette inhumanité dont font preuve certaines personnes (ils, elles…) au sein de la société et qui se manifeste parfois dans des actes dont toute empathie et toute mesure auront disparues.
En se greffant sur cette trame, le personnage du père, strict, avec un regard sur le monde inadéquat, représente assez bien ce fossé que nous évoquions au début ; et qui par le biais de son comportement intransigeant, en quelque sorte, pousse son fils dans ses retranchements.
Ainsi certains mots peuvent paraître forts, ou très durs, certains échanges entre le père et le fils pourraient réussir à surprendre ou choquer le spectateur, dans ce qu’on ne peut que qualifier de violence psychologique.
Mais le réalisateur décide de nous offrir une fin qui transcende les drames que l’on vient de vivre en offrant aux spectateurs, une résolution de l’intrigue (‘des’ pour être plus exact) ou le pardon, la reconnaissance de ses erreurs, le besoin d’être avec les autres - apaisé et heureux -, prend le pas sur toute autre considération.
Notons que de la production à l’interprétation, en passant par les différents corps de métier, tout s’est fait en collaboration avec la Mission locale du nord de la Martinique. Les acteurs eux-mêmes étant sortis des rangs des jeunes inscrits à la mission. Cette ambition affirmée de réussir à créer un projet cinématographique viable et d’offrir à des jeunes une opportunité professionnelle dans l’industrie du cinéma aura donc abouti à la sortie de ce joli film, qui arrive sur nos écrans le 25 mars.
On regrettera sans doute que la bande-son soit si moderne et presque impersonnelle ; à défaut d’avoir une véritable ambiance musicale. Ainsi, on frôle le cliché comme lors de l’incarcération du jeune homme, alors qu’une musique rap l’accompagne jusqu’à sa cellule. On dira qu’il ne s’agit là que de quelques instants ; des défauts mineurs ; mais n’en demeure pas moins que le montage du film y aurait gagné avec une musique mieux inspirée.
Mais rassurez-vous, ces petits défauts finalement représentent bien peu ; et ne sauraient gâcher l’intérêt que vous porterez aux ‘FRACTURES INVISIBLES’ !
Synopsis : Dans une famille où le poids des traditions dépasse celui de rêves individuels, Dylan, 19 ans, vit sous la pression constante d’un père autoritaire, chirurgien reconnu, qui lui impose des études de médecine. Aspirant à une carrière artistique ou technique, Dylan sombre dans une spirale de frustration, d’échec et d’influences toxiques. Un soir, sous l’effet de la drogue, il commet un acte de violence irréparable contre ses parents. Tandis qu’il est confronté à la justice et à ses remords, sa sœur cadette Léa devient victime d’un harcèlement brutal dans un lycée. Alors que Léa sombre, Dylan trouve en lui une lueur d’espoir : se reconstruire pour protéger sa sœur et tenter de recoller les morceaux d’une famille fracturée.
Sylvain Ménard, mars 2026
Les Fractures Invisibles [1h15, Drame familial et social]
Ralisateur et Scénariste : Jean-Michel LOUTOBY
Directeur de la Photographie : Teddy ALBERT
Monteur : Sonia SOKOLOWSKI
Chef Décorateur : Elisia DOUILLET
Directeur artistique : Christelle MATOU
Compositeur : Wilfried BEAUGENDRE, Orlane HOAREAU, Jean-Michel LOUTOBY, Jean-Michel RAGGIOLI
Producteur : Mission Locale Nord Martinique
Casting : Axelle RENÉ ; Lenny MICHANOL ; Érika LINISE-MARQUEZ ; Frédérique FOSTAN ; Doraline GARCIACasting
Dylan : Lenny MICHANOL
Léa : Axelle RENÉ
Jean-Pierre (le père) : Frédéric FOSTAN
Maryse (la mère) : Erika LINISE
Clara (l’amie de Léa) : Doraline GARCIA
Kevin (ami de Dylan) : Yann FLORINE
