Xenogenesis : Le premier film de James Cameron

23 février 2020 à 17h25

Quand James Cameron dirigeait son premier film en 1978, le court métrage Xenogenesis…

Pour les spectateurs de la fin des années quatre vingt qui auraient eu la chance de le visionner, on aurait pu avoir l’impression de voir surgir des concepts de Galaxy Of Terror (certaines iconographies) - sur lequel Roger Corman le fera travailler en 1981 comme chef décorateur* - ou encore le Killer Tank de Terminator. La scène du quadripode utilisé par l’héroïne renverrait presque au Power Loader de Aliens, voire même à celui de Avatar ! Passionné de technologie, James Cameron donne ici un aperçu de ce que sera une partie de sa filmographie fantastique et démontre avec l’utilisation de plans larges (comme des réminiscences de Planète Interdite, et Star Wars qu’il avait probablement du voir dès sa sortie) qu’il avait compris assez jeune les vertus de l’imagination et de ce que pourrait lui apporter la technologie si elle se mettait au service d’une histoire avec un ou des acteurs ; ici, un couple d’humains, Terminator à nouveau ?
Pour ceux qui prêteront l’oreille, certains indices sont donnés lors de l’introduction qu'on entend sur cette superbe illustration (on a du mal à juger compte tenu de la qualité vidéo, nénamoins elle est visible sur internet). On y trouve déjà les intérêts majeurs de James Cameron quant à la nature, l'exploration, l'écologie…

Ce qui pourra le plus nous étonner reste cette constance, tant au niveau de la mise en scène (Aliens, Terminator), que de l’irruption de thématiques précises telles la femme salvatrice ou les machines destructrices…
De fait cette filmographie fantastique de James Cameron aura offert aux cinéphiles du monde entier, non seulement des séquences remarquables et qui restent encore marquantes, mais n’aura guère été détrônée comme le dernier volet de Terminator sorti récemment l’aura malheureusement démontré… technologie, oui… mais pas au détriment d’un scénario !

Même s’il se fait aider, il endossera un certain nombres de rôle sur son métrage et supervisera la construction des maquettes et la réalisation des effets spéciaux.
Notons en dernier lieu que la musique entendue sur le court métrage est de Bernard Herrmann et que dès le générique de début, Cameron - comme il le fera par la suite - nous offre un crédit complet et détaillé de l’équipe, incluant donc la « participation » de Herrmann.

https://www.youtube.com/watch?v=stqbpR4XNhw


* une année auparavant, Roger Corman lui avait offert un poste au sein du département de la direction artistique sur Battle Beyond The Stars.

Sylvain Ménard, février 2020