‘Carnets indigènes’ de Miroslav Mišák, un très beau roman à découvrir, première œuvre d'un auteur prometteur !

Nous revenons vers un ouvrage paru en mars de cette année, ‘Carnets indigènes’ de Miroslav Mišák ! Cette déambulation poétique et empreinte de 'joliesse', nous a offert une expérience particulièrement originale, où la nature semble nous accueillir et nous autoriser à l'observer, où la vie peut s'épanouir ; et les relations que nous entretenons, nous humains, également. Car toute la richesse du roman nait de cette dualité, cette coexistence entre la découverte d'une nature que nous voyons peu, et de la prise de conscience de l'universalité des sentiments et de notre capacité à savoir observer et écouter, s'écouter l'un l'autre aussi…
Avec ce roman apaisant et direct, trouvons-nous échos à nombre de nos questionnements, et une fois encore c'est grâce à l'éditeur PAULSEN qui nous met-là en présence de cette œuvre et de cet auteur, atypique et sincère, et dont c'est là le premier roman.

Avec ses mots qui nous bercent et nous accompagnent, Miroslav Mišák nous convie à explorer un monde (son monde ?), celui de la nature et des forêts, de cette faune abondante et belle ; puis d'une relation entre un homme et une femme qui se forme, d'une double découverte, celle d'eux-même et de ce qui les entoure. Suivant la rencontre de Sveto et de Nadia dans cette sorte de ré-appropriation où le respect prime ; au contact de la nature et de ce qui constitue ce monde 'sylvestre' ; nous les voyons s'enrichir et se libérer, libres d'observer et de contempler.
Mais l'auteur ne se laisse pas aller à nous conter une simple 'amourette', l'arc sentimental étant loin d'être le sujet principal, loin de là ! 
C'est bien la nature qui est au centre de la trame. Une nature qui se révèle en tant que havre de paix et qui réussit à nous apaiser, nous lecteurs, se dévoilant dans toute sa superbe et incommensurable beauté. 

Ainsi l'histoire nous emporte-t'elle sans grands effets théâtraux ni intrigue alambiquée, sans jugement péremptoire ni pathos indésirable, mais avec cœur et empathie. Et c'est par le biais de cette approche où se conjuguent la vision d'un univers si riche et dans le même temps si fragile, et cette naissance d'une relation, puis de sa 'concrétisation' dans sa forme la plus simple, revenant aux gestes d'antan, à une sorte de communion avec la nature - de façon presque primale - ; qu'elle nous délivre un message, celui de la libération de l'esprit et du corps, celui de l'acceptation et de la découverte, celui du lâcher prise et du retour à l'essentiel.


Le résumé : Dans les forêts sauvages des Carpates, un homme des bois est devenu la bête noire des chasseurs et des forestiers. Sveto se sent chez lui sur ces versants boisés qui l'ont vu naître, parmi les lynx, les ours et les loups. Quand il n'est pas occupé à planter des arbres à l'étranger, il passe son temps dans ces forêts qu’il aime. Il n’a pas un sou en poche, mais quand les érables flamboient, à l’automne, il est l’homme le plus riche du monde. Il mène une vie solitaire jusqu’au jour où il rencontre Nadia, qui élève seule sa fille et peine à trouver un sens à sa vie citadine. Se présente alors l’occasion de cheminer à deux et de s’émerveiller ensemble.


Un petit mot de remerciement à Laure Wachter des éditions PAULSEN, à sa gentillesse et son écoute. C'est grâce à des personnes enthousiastes et professionnelles comme elle, que nous pouvons découvrir ces beaux livres (oui, nous les lisons tous… comment pourrait-il en être autrement ?) et vous en parler !


Sylvain Ménard, août 2026

Carnets Indigènes (Denníky Domorodcov)
Auteur : Miroslav Mišák
Éditeur : Paulsen
Collection : La Grande Ourse
Traductrice : Anouk Jeannon
Date de parution : Le 19 mars 2026
Nombre de pages : 144